Lost And Found Peter Hammill Van Der Graaf Generator Index du Forum

Lost And Found Peter Hammill Van Der Graaf Generator
Forum pour les fans de Peter Hammill et de Van der Graaf Generator

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes  Groupes Accès au Portail   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 Bienvenue 
Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS"
Aller à la page: <  1, 2, 3, 4, 5, 6  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Lost And Found Peter Hammill Van Der Graaf Generator Index du Forum -> Van der Graaf Generator -> Discographie
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Random Hold
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 19 Jan 2009
Messages: 268
Localisation: Somewhere over the Rainbow

MessagePosté le: Lun 2 Mai - 11:28 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
Je réécoute en ce moment l'album... distraitement. Certains passages continuent à m'interpeller beaucoup plus que d'autres! Je me dis: "tiens! Un truc sympa! C'est dans quel morceau, déjà?" Et je vais voir le titre.

Je comprends mieux ce qui ne fonctionne pas (pour moi): les morceaux n'ont pas toujours suffisamment d'unité (le médiocre cotoît le bon ou très bon), ou comme quelqu'un l'a dit sur ce fil, manque peut-être simplement de "développement".

Et encore une fois, le trio montre ses limites: il manque des instruments pour sortir du son "basique" claviers/guitares/basse/percussions.

Autre remarque: je trouve souvent les claviers très/trop envahissants. Ce n'est pas le cas dans Medusa, par exemple. Ils restent très discrets et leur côté "out of key" que je n'aime pas dans Splink est ici très pertinent et utilisé à bon escient, je dirais...
_________________
There's more to hearing than meets the ear.
A Skull isn't much of a Castle to live in
Revenir en haut
Backwards Man
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 16 Jan 2009
Messages: 243
Localisation: Nantes, France

MessagePosté le: Lun 2 Mai - 11:46 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Bonjour Mic,
Mic_the_fish a écrit:

100% d'accord avec l'analyse de "Grounding" faite par Random.
Et qu'on arrête de faire le procès du passéisme à ceux qui sont critiques. On demande au contraire à VdGG d'être novateurs, de créer, d'étonner. Et pas de se cantonner à des morceaux courts couplets/refrains avec une instrumentation limitée, sans développements, sur des mélodies souvent simplissimes... 
Je vois pas de procès en passéisme ici. Que des midis et des portes, comme dit Random Okay
Je crois par ailleurs qu'on peut être complètement "novateur" selon les formats que tu indiques ! Tout dépend de ce qu'on met dedans Very Happy
_________________
At the vanishing point there'll be no perfect ending...
Revenir en haut
Pioneer over C
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 16 Jan 2009
Messages: 195

MessagePosté le: Lun 2 Mai - 13:59 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Certains regrettent (et j'en suis) l'absence d'un quatrième musicien mais en fait ce besoin d'un instrument supplémentaire, à y réfléchir, est plus une aspiration à un rééquilibrage car H.B. a pris une trop grande importance dans ce trio et ces lignes pseudo classiques qu'il envoie ça et la me rappellent les pires heures du prog, avec comme point culminant ce "Splink" qui aux sons du claveçin numérique ajoute une mélodie complètement "out" dans le style freejazz...insupportable !
_________________
Almost cut my hair....
Revenir en haut
Random Hold
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 19 Jan 2009
Messages: 268
Localisation: Somewhere over the Rainbow

MessagePosté le: Lun 2 Mai - 14:20 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Pioneer over C a écrit:
Certains regrettent (et j'en suis) l'absence d'un quatrième musicien mais en fait ce besoin d'un instrument supplémentaire, à y réfléchir, est plus une aspiration à un rééquilibrage car H.B. a pris une trop grande importance dans ce trio et ces lignes pseudo classiques qu'il envoie ça et la me rappellent les pires heures du prog, avec comme point culminant ce "Splink" qui aux sons du claveçin numérique ajoute une mélodie complètement "out" dans le style freejazz...insupportable !
Tout à fait d'accord avec toi, POC.

Et je voulais rajouter au sujet de Medusa que dans ce morceau, la voix de PH est posée mais menaçante et EFFICACE - ce qui prouve qu'il peut l'être sans gueuler.
_________________
There's more to hearing than meets the ear.
A Skull isn't much of a Castle to live in
Revenir en haut
Random Hold
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 19 Jan 2009
Messages: 268
Localisation: Somewhere over the Rainbow

MessagePosté le: Lun 2 Mai - 14:36 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Et puis encore autre. J'ai lu ça et là qu'il fallait écouter l'album dans son ensemble pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur, car les morceaux "s'enchaînent" et forment une (soit-disant) "unité"... Je dirais: "Bullshit!"  Mr. Green

Car je trouve les enchaînements entre les morceaux très souvent ratés. Entre Medusa et Mr Sands, par ex. Ce bridge n'a aucun intérêt à mes yeux. Et le "lien" entre Smoke et 5533 est carrément raté (il faut dire que ce sont les deux morceaux que je hais le plus!) Les claviers (encore! Désolé HB - et ça veut pas dire Human Bomb!) du début de Smoke sont vraiment ... Question Exclamation Question Y'a pas de mots Exclamation Question Exclamation

Mais en fait, à y bien réfléchir, je trouve que les changements de tempo d'une manière générale - y compris dans les morceaux eux-mêmes - sont souvent mauvais, mal venus ou téléphonés (noir?), et semblent même parfois appartenir au simple gimmick (un peu la marque de fabrique de VdGG). "Allez les gars, un petit break là!"  Evil or Very Mad
_________________
There's more to hearing than meets the ear.
A Skull isn't much of a Castle to live in
Revenir en haut
Random Hold
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 19 Jan 2009
Messages: 268
Localisation: Somewhere over the Rainbow

MessagePosté le: Lun 2 Mai - 17:41 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Pioneer over C a écrit:

Je crois que c'est le premier album de PH / VDGG qui me me laisse la même impression de la première à la xème écoute !
par contre j'ai réécouté Trisector et il m'a semblé meilleur qu'avant...

Tiens, justement, je cherchais une "chronique" sur Trisector, comme celle qui a été faite sur Grounding et je n'ai rien trouvé sur le site... Elle existe quelque part?

Surtout que Loops & Reels fait de nombreuses références (négatives) à cet album antérieur et que Nécromancer57 à l'inverse l'encense...

Sur ton "conseil" (POC), je suis en train de réécouter Trisector, que je n'avais presque pas entendu et pour moi aussi, il est à des coudées au-dessus de Grounding. Il y a des choses beaucoup plus intéressantes (innovantes?) que sur ce dernier opus.

Je crois que quelqu'un a dit sur ce fil que les claviers de HB étaient (encore) plus envahissants sur Trisector que sur Grounding - ce qui est peut-être vrai... mais il y a beaucoup plus de force et d'inventivité sur Trisector.
Pour moi, ça sent beaucoup moins la naphtaline, selon l'expression maintenant consacrée. Laughing

Qui en est?
_________________
There's more to hearing than meets the ear.
A Skull isn't much of a Castle to live in
Revenir en haut
Backwards Man
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 16 Jan 2009
Messages: 243
Localisation: Nantes, France

MessagePosté le: Lun 2 Mai - 18:24 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Trisector n'a pas été chroniqué ici sans doute parce que ce forum est apparu fin 2008, non ?
_________________
At the vanishing point there'll be no perfect ending...
Revenir en haut
FromDarkVinland
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 16 Jan 2009
Messages: 783
Localisation: Pyrénées France

MessagePosté le: Lun 2 Mai - 18:57 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Trisector est effectivement sorti avant la création du nouveau forum,, alors que le forum msn était encore en service. Il n'y avait pas eu, je crois,sur ce dernier de projet organisé de chronique de Trisector (seulment un sujet sur lequel chacun notait ses impressions). 
_________________
304
Revenir en haut
Yahoo Messenger
Random Hold
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 19 Jan 2009
Messages: 268
Localisation: Somewhere over the Rainbow

MessagePosté le: Mer 4 Mai - 19:05 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Mouais. En tout cas, je vois que ma suggestion de chroniquer Trisector ne soulève pas l'enthousiasme des foules.... Laughing
_________________
There's more to hearing than meets the ear.
A Skull isn't much of a Castle to live in
Revenir en haut
FromDarkVinland
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 16 Jan 2009
Messages: 783
Localisation: Pyrénées France

MessagePosté le: Mer 4 Mai - 19:43 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

N'hésite pas!!!
Il suffit quelquefois que quelqu'un commence pour que d'autres, souhaitant peut-être apporter un autre avis, se lancent à leur tour....
_________________
304
Revenir en haut
Yahoo Messenger
Random Hold
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 19 Jan 2009
Messages: 268
Localisation: Somewhere over the Rainbow

MessagePosté le: Mer 4 Mai - 20:40 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Tu as raison, je vais tenter le coup!   Wink

Il faudra me laisser un peu de temps... A suivre. Mr. Green
_________________
There's more to hearing than meets the ear.
A Skull isn't much of a Castle to live in
Revenir en haut
FromDarkVinland
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 16 Jan 2009
Messages: 783
Localisation: Pyrénées France

MessagePosté le: Jeu 5 Mai - 19:37 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

   Ni ma culture musicale trop peu étendue ni mes compétences dans ce genre littéraire ne m'autorisent vraiment à concourir dans la catégorie "chroniques d'albums" - ceci ne saurait donc en être une - cependant en lisant celle de Loops and Reel, comme les premières impressions de Backwardsman, j'ai pu mesurer combien chacun pouvait percevoir et évaluer différemment un même album, un même morceau... voici donc, tout simplement, comment j'ai reçu, ressenti, "A Grounding in Numbers"...


Comme une simple introduction, Your Times Start Now ouvre paisiblement, même si un peu  tièdement , l'album car bien que le morceau puisse rendre compte d'une nécessité vitale à se saisir de chaque moment offert, le chant semble détaché, distancié: pas d'affolement, il faut continuer de creuser son sillon c'est à la fois un constat et un conseil, que le groupe va mettre d'ailleurs en application immédiatement.

Puis, grâce à Mathematic, le monde s'ouvre sur un infini scintillant, paisible, pur, harmonieux, poétique même – celui de l’abstraction mathématique ! Cette évocation d’une formule célèbre (à laquelle cependant je ne comprends goutte !) me donne l’illusion de percevoir par la médiation de la musique la beauté intrinsèque d’une construction de l’esprit visant à manier de manière épurée une immense complexité. Pour moi c'est une très belle réussite (alors qu’avec un titre pareil je craignais le pire) vers la fin j’entends même avec bonheur clignoter sur des écrans de calculs les successions de chiffres de suites binaires. Qui aurait imaginé qu'on puisse littéralement chanter ainsi une aride formule mathématique ? !!! Ce morceaux, pour l’instant, est l’un de mes préférés sur le disque, j'aurais du entendre cela il y a une quarantaine d'année… mes résultats en maths en eussent peut-être été meilleurs! J’étais persuadée que jamais ce morceau ne serait joué sur scène…  j’avais tort... et c’est tant mieux.

Avec  Highly Strong fini le calme !   Au début, ce morceau me laisse l’impression d'une juxtaposition de motifs musicaux, un peu comme l'application d'une recette... une pincée de guitare,  un passage en rupture (et là la main a été un peu lourde à mon goût), un petit coup de chant, et on recommence... toujours à la louche ! Fort heureusement dans la seconde partie la sauce a fini par prendre, il y a plus de richesse, de complexité, de variations, de digressions,  cela se termine beaucoup, beaucoup  mieux, que cela n'a commencé. Ce n’est donc pas une plage que je suis tentée de sauter systématiquement mais, bien que cela s’estompe un peu au fil des écoutes, je ressens toujours une petite gêne à son abord.

Red Baron a un côté ouaté et sourd, mystérieux voire inquiétant.  Est-ce le Baron Rouge dans les nuages ou le Killer dans les sombres et froides profondeurs qui se glisse pour surprendre sa proie ?...Guy Evans à la batterie réalise un magnifique travail, qui m'évoque une fuite éperdue à la recherche d'une issue pour échapper à un danger omniprésent .

Bunsho a sans doute les qualités pour devenir un « classique » du trio, un peu comme Lifetime, il y une certaine tension dans la voie, des développements qui prennent une  ampleur frisant le lyrique.

Snake Oil m'a accroché dès la première écoute, débutant sur une ligne mélodique plutôt simple mais sauvé de la circularité par l'inflexion sur « …this is the one true way » ; c'est vigoureux, fort de conviction, tout en alternant en peu de temps des atmosphères diverses.

Splink est un petit instrumental au décollage un peu Floydien. Sur ce motif de départ, et jusqu'à le faire finalement disparaître, vient se superposer petit à petit quelque chose comme une musique d'automate, alors que tout au long,  la batterie de Guy Evans accompagne avec  relief et inventivité ce changement d'atmosphère par tuilage.

Embarrassing Kid m’embarrasse et je ne suis pas loin de penser parfois que ces kids m’excèdent….lourdement. De tout l'album, c'est pour moi le morceau le moins réussi qui, malgré l'aspect circulaire de nombre d'entre eux sur ce disque, ne fait surtout, lui, que tourner en rond.

Tout au contraire, Medusa vous attire dans ses boucles, vous enserre dans ses anneaux, et vous hypnotise. Un morceau court et apparemment simple qui dissimule une véritable pépite !

Avec son coté «jazzy» Mr. Sands fait partie de mes préférées…La musique est rythmée,  j’adore sa gaieté, son humour, sa dérision, cette manière décalée qu’à VdGG (et surtout PH sans doute en tant qu'auteur des paroles) grâce à une métaphore incendiaire de se regarder, sans se prendre trop au sérieux, avec ses forces et ses failles. Seul bémol, un détail.... les Ouou  ouou overdubés du début de l'intro me paraissent totalement superflus voire lourdingues.

Smoke distille de manière agréablement ironique ses messages de prudence dans une direction musicale nouvelle, et, sans s'en rendre compte, on a changé de morceau ..

5533 s’enchaîne parfaitement à sa suite. Même si le code en est obscur, l'énonciation des chiffres a un aspect explosif bienvenu,. Deux plages courtes, pouvant paraître déroutante pour de vieux fidèles de Van Der Graaf, mais qui n'ont cependant rien d'anecdotique à mon sens et représentent sans doute des sentiers que le groupe a moins battus et explore aujourd'hui.

All Over the Place est peut-être à lui seul le morceau emblématique de l’identité du trio. Dès le début, le contraste entre le son du clavecin et la force des drums de Guy Evans qui dialoguent est saisissant. En peu de temps le morceau nous entraîne musicalement dans différents territoires aux ambiances bien marquées, tantôt avec vigueur ou rage, tantôt avec mélancolie. La force du lyrisme musical de Van Der Graaf Generator qui nous emporte depuis de longues années est bien présente ici, elle nous enlève encore une fois et nous laisse en suspens à la fin du morceau qui se termine brusquement, comme par surprise, d'une manière dont j’espère qu'elle est plus une pause qu'une conclusion...L'une des grandes réussites de ce disque !


Au final « A Grounding in Numbers », équilibré dans le son, me semble un album plus cohérent et plus fort que Trisector. Les morceaux, s'ils sont plutôt courts, sont par contre extrêmement denses, c'est du concentré de VdGG.  La voix de Hammill paraît parfois un peu forcée mais le groupe fait une musique éclectique, il pousse des recherches dans des directions fort diverses, il assume pleinement les influences du jazz. Avec ce disque, il montre qu'il est maintenant bien planté sur ses trois pieds, il a trouvé sa nouvelle - forte et réelle- personnalité, il ne renie en rien l'histoire ou le parcours antérieur de Van Der Graaf Generator, tout au contraire il me parait maintenant l’avoir bien digérée et intégrée, sans aucun reniement mais continuant sa quête. Il  sait d'où il vient et où il a décidé d'aller, il est parti pour explorer de nouveaux confins... Pour ma part sa musique me donne toujours envie de le suivre.
_________________
304


Dernière édition par FromDarkVinland le Dim 8 Mai - 15:02 (2011); édité 2 fois
Revenir en haut
Yahoo Messenger
Backwards Man
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 16 Jan 2009
Messages: 243
Localisation: Nantes, France

MessagePosté le: Jeu 5 Mai - 21:02 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Comment aborder le nouveau disque d‘un groupe dont on connaît par cœur la carrière et l’œuvre, que ce soient les musiciens ou la démarche musicale, les thématiques, le style et la structure des compositions, les plans, les riffs ? Il me paraît impossible de faire abstraction de cette connaissance, de ces références.
Alors, peut-être ne faut-il pas aller trop vite pour commencer, et se donner le temps de plusieurs écoutes afin que l’échafaudage sonore se construise peu à peu. Surtout lorsque l’on sait que ce groupe et sa musique ne se donnent que rarement (ou pas) d’emblée…
Parmi les premiers éléments d’écoute, il y a ceux qu’on distingue en appui, à quoi on s’agrippe, comme un peu déjà « balisés » parce qu’on les « reconnaît », des réminiscences (internes à l’œuvre du groupe dans un premier temps en tout cas) qui affluent à mesure et peuvent envahir parfois !
Mais il y a aussi ce qui émerge, et cela sans référence, sans connaître ou identifier : juste parce qu’on le reçoit, proche , « facile » d’accès, dans la sensibilité du moment et de l’humeur : une phrase musicale qui nous parle, ou juste un fragment, une inflexion vocale, un mot, un « quelque chose » qui nous harponne. Cela s’emboîte, en parfaite correspondance entre ce qu’on entend et ce qu’on attend.
Bien sûr, il y a aussi des espaces intermédiaires, inconnus ou qu’on cerne mal, des trous (noirs ?) à remplir, des zones d’ombre à explorer pour organiser mentalement l’ensemble du disque tel qu’on le reçoit, le perçoit. Enfin, il me semble aussi que la disponibilité et l’envie sont importantes.
J’écoute de plus en plus rarement un disque dès que je l’ai ! J’attends de trouver le moment opportun. Et puis le rapport à la musique change, et la distance change, parfois près, parfois loin, l’actualité (comme ici pour cet album) servant de repère. Concernant Hammill et Van der Graaf Generator, je sors d’une période « loin », où j’ai suivi les choses sans plus, pas très convaincu par Trisector (l’album de 2008), un peu débranché par la lassitude, avec une distance que n’a pas raccourci l’impossibilité récurrente de dates de concert en France.
Mais surtout… beaucoup pris par d’autres musiques.
Et maintenant, rentrons dans le vif du sujet, après ce long préambule.
On connaît ces musiciens par cœur, bien sûr, je les suis depuis plus de trente ans maintenant, leur carrière en fait plus de quarante ! Et il leur est sans doute difficile de nous surprendre ; j’ai bien sûr reconnu des terres familières, mais je n’irai pas jusqu'à parler de tics ou de prévisibilité car cet album contient de bonnes petites surprises.
J'apprécie la tonalité générale de l'album, qui a davantage mes préférences que Trisector (avec ce qui m’était apparu comme une indigestion d'orgue) et pour autant qu'une comparaison soit valide ! J'aime bien l'équilibre trouvé dans l'instrumentation.
Au niveau des lyrics, ce sera un point faible, car je ne suis guère emballé, même après quelques scrutations attentives. Un peu comme si PH était en pilotage automatique : je trouve que particulièrement, le morceau 2 « Mathematics », que j'aime plutôt musicalement, et le morceau 12 titré « 5533 » sont d'une rare stérilité à ce niveau. Il manque de façon générale l’étincelle dans l’approche ou la trouvaille marquante dans le discours, le point de vue. Tout cela est un peu standard. Faut-il en chercher une raison dans le côté « groupe », moins personnel ?
Musicalement, je trouve que l’album décolle vraiment à partir de « Highly Strung », un morceau enlevé qui me convient bien, malgré tout ce qu’il représente de basique, éculé, et même caricatural. Le reste de l'album s'enchaîne bien, et les instrumentaux dispersés tout au long me font l'effet de respirations ou parfois de ponts qui soudent bien l'ensemble.

Voyons les détails : l’album comprend 13 morceaux aux durées variables mais l’accent est mis sur les formats courts et concis. Avec 5 morceaux qui font un peu plus de 2 minutes, 3 un peu plus de 3 minutes, 1 seul un peu plus de 4 minutes, 3 un peu plus de 5 minutes et 1 dernier ( le dernier) un peu plus de 6 minutes. L’ensemble a un côté concis et même abrupt qui me convient.
J’aime les petites touches de nouveauté dans l’instrumentation, même si cela reste anecdotique. Au niveau vocal, j’ai trouvé un travail sur les choeurs plus prégnant qu’auparavant , et une voix de Hammill parfois à la peine. Côté son, mixage , c’est très clair, très propre, même si ça ne fait pas tout !

"Your Time Starts Now", ouvre l'album, pas très bien à mon goût, le passage du temps, encore et encore, on a compris Peter que c’est une… obsession ! Morceau « ordinaire », oui c’est bien fait, mais en quoi est-ce marquant et, sur le fond, est-ce très différent d’un Hammill solo ???

"Mathematics", musicalement plutôt pas mal, mais c’est tout, j’ai du mal avec ce qui tient lieu de lyrics, même avec l’identité d’Euler, désignée la plus belle des équations, ça n’implique pas… le plus beau morceau de tous les temps ! Bon, ça tourne à l’auto-parodie , pour ma part pas convaincant du tout , on est quand même loin de l’entropie et de son urgence...Stranger still... (1981 album Sitting Targets)

"Highly Strung" est un morceau enlevé, qui n’est pas sans défauts, facilités ou impasses, mais que je reçois comme un second départ de l’album. Le groupe se lâche un peu…C’est brut et nerveux (titre...), avec rien de bien marquant au niveau de lyrics traitant de l’artiste avant l’entrée en scène (ou sur scène) tel un acrobate en équilibre instable...

"Red Baron" (instrumental) est un bon moment pour moi, avec une ambiance un peu étrange, lourde et pleine de mystère, et le titre m’évoque (à tort peut-être) Von Richthofen, le célèbre « baron rouge » de la guerre de 14... Ce morceau instrumental évoquerait-il les manoeuvres d’approche avant le combat aérien ?

"Bunsho", ça continue bien avec ce morceau dont le titre, d’après ce j’ai pu trouver, est un mot japonais : à la fois le nom d’une période historique allant de février 1466 à mars 1467, également le titre d’une œuvre d’un écrivain, un certain Ryūnosuke Akutagawa (en 1924, Bunsho) mais encore Kasumi Bunsho, un artiste réalisant des peintures zen. J’aime les guitares de ce morceau. Les paroles renvoient à l’incapacité de l’artiste de déceler le meilleur dans ce qu’il a produit, d’être le juge objectif de son travail, et peut-être même son incapacité à hiérarchiser. Cela vaut également pour le public, qui pourra accueillir et couronner de succès ce que l’artiste considère faible, moyen ou banal, le même public pouvant allègrement passer à côté d’une oeuvre que l’artiste considère LUI comme essentielle en terme d’accomplissement ou d’achèvement. On est bien sûr un peu obligé d’y voir un petit clin d’œil oblique de la part de Hammill dans sa relation avec le succès et la reconnaissance publique.

"Snake Oil" qui suit est très acide sur le plan des paroles, PH y fustige entre autres les fausses valeurs que notre époque a mises au sommet en une espèce de liturgie perverse. Cette propension à avaler des couleuvres, celles des maîtres qu’on veut bien se donner, et le conformisme qui confine à l’imposture, évacue la réflexion et les questions, renforce les comportements moutonniers, mais aussi le repli sur soi ... Bref, confusion, démagogie, manipulation... Le territoire musical est familier, là, et l’orgue de Banton m’emmène bien, la construction du morceau avec l’accalmie vers 2 :00 est bien révélatrice de l’interrogation et de l’incertitude avant que le couperet ne tombe ! On enfonce le clou et la reprise en fanfare sur la fin (vers 3 :50 où l’orgue redémarre) clôture les choses en beauté, sans laisser place au moindre doute.

« Splink » (instrumental), court encore, atonal, à l’instrumentation inhabituelle, presque abstrait est un morceau que j’aime bien avec une bonne séquence de batterie d’Evans, avant de glisser sur la fin vers le suivant ...

"Embarrassing Kid" qui a une thématique très proche – lyrics –de Diminished sur Thin Air (album solo de Hammill en 2009). Davantage d'auto- dérision peut-être que d’angoisse à reconsidérer le passé et ses secrets... Musicalement, ça tourne un peu court, peu de variations, et après quelques semaines, c’est un morceau qui ne sort pas vraiment du lot et gagne peu à peu son statut d’oubliable !

Mais ça repart avec "Medusa" , là aussi, cela peut être bien sans faire long, ce morceau en est la preuve, le climat est retenu, presque recueilli, les lyrics presque subliminaux, se contentant d’évoquer, laissant très libre l’interprétation. Très réussi, un de mes trois favoris !

"Mr. Sands" qui vient ensuite est un morceau pour lequel j’avais beaucoup de mal au départ, quelques écoutes plus tard c’est mieux mais graduellement je sature : au niveau vocal PH me fatigue, comme s’il m’étouffait, dommage, comme s’il n’arrivait pas à poser sa voix. Lourd, quand même. Les lyrics sont plutôt réussis et intéressants, Mr Sands est un code, on lance un appel à Mr Sands lorsque dans une salle de spectacle il va falloir évacuer… sans semer la panique.

"Smoke" est par contre très décalé, un bon petit second degré perceptible sur le travail des voix...Les lyrics sont de plain pied « www » avec liens, souris, clicks et…les traces qu’on laisse à son insu…d’où l’invite à rester vigilant, et tenter ( ?) de maîtriser, contrôler... car il n’y pas de fumée sans feu ! J’aime le lien (tiens !) qui bascule dans ...

« 5533 » avant-dernier morceau qui, musicalement, a des parfums légers jazz impro, avec effluves crimsoniens, sur un registre chanté/déclamé qui fonctionne pas mal. Mais je ne remets pas de couche sur les paroles, il suffit !

Pour terminer "All Over the Place", avec lequel mon parcours est plus tourmenté : j’ai eu un peu de mal à apprivoiser ce morceau . Au bout du compte, j’aime beaucoup plus le début très rythmé, très répétitif, alors que j’ai tendance à décrocher après, quand ça devient plus « grave » certes, mais aussi malheureusement …un peu grandiloquent. Les lyrics traitent de la perte d’identité, sans rien de marquant (hélas) à mon gré.

Bilan, Red Baron, Bunsho, Medusa, Splink sont vraiment mes favoris, puis Snake Oil, Smoke, Highly strung, et les autres beaucoup plus mitigés ou intermittents… Dans l’album, on remarque qu’une thématique se dégage dans nombre de morceaux, sur l’identité, les codes, les traces et empreintes qu’on laisse, particulièrement dans le « cyberworld » que nous vivons aujourd’hui, ce qui donne une possible interprétation du titre de l’album « A grounding in numbers ». Tout est fondé sur les chiffres aujourd’hui, codes, traces qu’on laisse…
En 2011, VdGG c’est donc ça. C’est comme ça. Pourquoi refaire ce qui a été fait ? Inutile. Et je peux toujours retourner écouter par exemple Godbluff (1975), je l’ai, mais en fait, je les ai tous ! Alors ne pas chercher midi à quatorze heures, on ne « récalcitre » pas, c’est pas le disque que j’attendais, de toute manière ce n’est jamais le disque qu’on attend !
_________________
At the vanishing point there'll be no perfect ending...
Revenir en haut
necromancer57
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 11 Sep 2009
Messages: 47
Localisation: alsace

MessagePosté le: Jeu 5 Mai - 22:43 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Très bonne chronique FromDarkVinland et Backwards Man  Okay
Revenir en haut
Random Hold
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 19 Jan 2009
Messages: 268
Localisation: Somewhere over the Rainbow

MessagePosté le: Jeu 5 Mai - 23:05 (2011)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS" Répondre en citant

Très belles critiques, tous les deux. Bravo!  Okay Ca ouvre d'autres horizons, et donne envie de réécouter les morceaux sous ce nouveau jour.
_________________
There's more to hearing than meets the ear.
A Skull isn't much of a Castle to live in
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:55 (2017)    Sujet du message: Chronique "A GROUNDING IN NUMBERS"

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Lost And Found Peter Hammill Van Der Graaf Generator Index du Forum -> Van der Graaf Generator -> Discographie Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page: <  1, 2, 3, 4, 5, 6  >
Page 4 sur 6

 
Sauter vers:  

Index | creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com